Accueil › Freelance

Fiscalité du freelance (2026)

Consultant, développeur, designer, rédacteur, coach : tout ce qu'un indépendant doit savoir pour déclarer ses revenus sereinement — en langage clair. Mis à jour Juin 2026.

Ce qu'il faut retenir

Comparer micro vs réel →

1. Suis-je imposable ?

Être freelance, c'est exercer une activité : dès qu'elle est habituelle, les revenus sont imposables et tu dois être immatriculé. Pas de zone grise « jeu de hasard » comme au poker — la vraie question est : occasionnel ou habituel ?

SituationCe que ça implique
Mission isolée (un one-shot, sans intention de durer)À déclarer quand même (BNC/BIC non professionnels, formulaire 2042 C PRO), mais pas besoin de créer une entreprise.Les revenus d'une activité non habituelle restent imposables mais ne caractérisent pas une activité professionnelle. [impots.gouv.fr — économie collaborative]
Activité habituelle (missions récurrentes, recherche de clients)Tu exerces une activité professionnelle : immatriculation au guichet unique (INPI), puis choix d'un régime fiscal et social. Tu obtiens un SIRET.Déclaration de début d'activité sur formalites.entreprises.gouv.fr, au plus tard 15 jours après le démarrage. [service-public.fr]
Pas de statut « freelance » en tant que tel. « Freelance » décrit une façon de travailler, pas un régime. Juridiquement, tu es un entrepreneur individuel (souvent micro) ou tu crées une société (EURL, SASU). Le choix se joue sur le régime fiscal et le statut social, détaillés plus bas.

2. BNC ou BIC, micro ou réel ?

Deux questions structurent tout : dans quelle catégorie tombent tes revenus, et sur quelle base tu es imposé.

BNC — prestations intellectuelles

Conseil, développement, design, rédaction, traduction, coaching, formation. La grande majorité des freelances « numériques ». Abattement micro de 34 %.

BIC — prestations commerciales

Prestations de services commerciaux ou artisanaux (ex. certains métiers manuels, revente). Abattement micro de 50 % (prestations de services). Si tu cumules, tu peux avoir deux catégories.

Bonne nouvelle : pour un freelance, le micro est souvent le bon choix. Au poker, le micro est un piège car le brut encaissé est énorme face au bénéfice. Chez un freelance, c'est l'inverse : tu vends surtout ton temps, tes recettes ≈ ton bénéfice (peu de charges), donc l'abattement forfaitaire du micro est généralement suffisant et plus simple. Le régime réel ne devient gagnant que si tes charges réelles dépassent l'abattement (sous-traitance, gros matériel, local, déplacements).

Le comparatif des régimes

RégimeBase d'impositionSocialCharges déductiblesPour qui
Micro (auto-entreprise)CA brut − abattement (34 % BNC / 50 % services BIC)~25,6 % du CAAucuneCharges faibles (cas courant)
EI au réel (déclaration contrôlée)Bénéfice net réel (2035 en BNC)TNS ~45 % du netOuiCharges > abattement du micro
EURLIR, ou option ISTNS ~45 % du net verséOuiRevenus élevés, pilotage rému
SASUIS (option IR 5 ans)Assimilé salarié ~65–80 %OuiGrosse activité, protection sociale
Ne choisis pas seul. Le bon arbitrage dépend de tes chiffres réels (recettes, niveau de charges, autres revenus du foyer) et de ta caisse de retraite (SSI ou CIPAV selon la profession). Fais-toi accompagner par un expert-comptable inscrit à l'Ordre. Garde en tête le double volet fiscal ET social (URSSAF).

3. Simulateur micro vs réel

Combien te resterait-il vraiment selon le régime ? Le simulateur compare ton net en direct et te dit quel régime gagne avec tes chiffres :

Simulateur freelance

Arbre de décision « comment déclarer ? » + comparaison micro-BNC / réel / EURL / SASU, barèmes 2026, calcul du net après cotisations + impôt. (Cas BNC ; le BIC est signalé.)

Ouvrir le simulateur →

4. Charges déductibles (au régime réel)

En micro, rien n'est déductible : l'abattement forfaitaire est censé tout couvrir. Au régime réel (déclaration contrôlée), tu déduis tes charges réelles, justificatifs à l'appui :

ChargeDéductible au réel ?Précision freelance
Matériel (ordinateur, écrans, mobilier de bureau)OuiDéduit ou amorti selon le montant.
Logiciels & abonnements pro (suite design, IDE, SaaS, hébergement)OuiOutils réellement liés à l'activité.
Internet, électricité, quote-part du logementOuiAu prorata de l'usage professionnel.
Sous-traitance (freelance à qui tu délègues une partie d'une mission)OuiLe poste qui fait souvent basculer au réel.
Déplacements professionnels (transport, hébergement chez le client)OuiSi réellement engagés pour l'activité, justificatifs.
Coworking / local professionnelOuiLoyer et charges du local dédié.
Cotisations sociales TNSOuiDéductibles du bénéfice.
Compta / expert-comptable / AGAOuiLiés à l'obligation déclarative (2035).

Charges nécessaires à l'activité, déductibles en déclaration contrôlée (form. 2035). Sources : service-public.fr (BNC réel) · BOFiP · l-expert-comptable.com (charges BNC).

5. TVA & DAC7 : les points sensibles

TVA : la franchise a un plafond, et l'étranger complique. En franchise en base, tu ne factures pas de TVA — pratique tant que tu restes sous le seuil. Mais au-delà tu deviens redevable, et les prestations rendues à des clients ou plateformes établis à l'étranger peuvent imposer un numéro de TVA intracommunautaire et une autoliquidation, même sous le seuil. Point technique : fais-le valider par un comptable. [impots.gouv.fr]
DAC7 : le fisc voit déjà tes revenus de plateforme. Si tu trouves des missions via Malt, Fiverr, Upwork, Comet… ces plateformes transmettent à l'administration tes revenus dès 30 opérations ou 2 000 € encaissés dans l'année. Ils peuvent apparaître pré-remplis sur ta déclaration, et la plateforme doit t'envoyer un récapitulatif annuel en janvier. [impots.gouv.fr — DAC7]

6. Quels formulaires remplir ?

Tout se fait en ligne sur impots.gouv.fr, au moment de la déclaration annuelle de revenus (printemps). La 2042 est la déclaration de base ; les autres dépendent de ton régime et de ta catégorie (BNC ou BIC).

Ta situationFormulaire(s)À quoi ça sert
Micro-BNC (prestations intellectuelles)2042-C-PROTu y inscris ton CA brut encaissé ; l'abattement de 34 % s'applique automatiquement. Pas de charges déductibles.
Régime réel BNC (déclaration contrôlée)2035 (+ 2035-A / 2035-B), puis report sur 2042-C-PROLa 2035 calcule ton bénéfice net réel (recettes − charges) ; le résultat est reporté sur la 2042-C-PRO.
Activité BIC (prestations commerciales)2042-C-PRO (micro) ou 2031 au réelAbattement micro de 50 % en prestations de services BIC ; au réel, la 2031 déclare le résultat.
TVA (au-delà de la franchise)3310-CA3 (réel normal) ou 3517-S-CA12 (réel simplifié)Pour déclarer la TVA collectée / l'autoliquidation sur prestations à l'étranger. Sous la franchise, rien à déposer.
Bon à savoir. En déclaration contrôlée, passer par un expert-comptable « viseur » ou un OGA évite la majoration de 10 % du bénéfice imposable. [impots.gouv.fr — formulaires]

7. Questions fréquentes

Un freelance relève-t-il des BNC ou des BIC ?

Ça dépend du métier. Prestations intellectuelles / libérales (conseil, dev, design, rédaction, coaching) → BNC, abattement micro 34 %. Prestations commerciales ou artisanales → BIC, abattement micro 50 % (services). Bien déterminer la catégorie est important : elle change l'abattement et la déclaration.

Le micro est-il un bon choix pour un freelance ?

Souvent oui, comme pour le streaming et contrairement au poker. Tu vends surtout ton temps, donc peu de charges : l'abattement forfaitaire suffit en général. Le réel ne gagne que si tes charges réelles dépassent l'abattement.

Quand passer du micro au régime réel ?

Dès que tes charges réelles dépassent le taux d'abattement (34 % des recettes en BNC), ou obligatoirement au-delà du seuil du micro. Le comparateur te le dit avec tes chiffres.

Dois-je m'inscrire quelque part pour me lancer ?

Dès que l'activité est habituelle : déclaration de début d'activité au guichet unique (INPI), au plus tard 15 jours après le démarrage. Tu obtiens un SIRET.

Et la TVA quand je facture mes clients ?

En franchise en base tu ne factures pas de TVA, mais au-delà du seuil tu deviens redevable, et les clients/plateformes à l'étranger peuvent imposer un numéro de TVA intracommunautaire et de l'autoliquidation. À valider avec un comptable.

SSI ou CIPAV pour ma retraite ?

La plupart des indépendants relèvent de la Sécurité sociale des indépendants (SSI), mais certaines professions libérales restent affiliées à la CIPAV. Ça n'change pas le principe micro vs réel, mais ça joue sur tes cotisations retraite. Vérifie ta caisse selon ton activité.

8. Lexique des sigles

SigleSignification
BNCBénéfices Non Commerciaux — la catégorie des prestations intellectuelles et libérales (conseil, dev, design…).
BICBénéfices Industriels et Commerciaux — la catégorie des prestations commerciales et artisanales.
IRImpôt sur le Revenu — l'impôt progressif des particuliers, sur les revenus du foyer.
ISImpôt sur les Sociétés — payé par la société (EURL/SASU à l'IS).
TNSTravailleur Non Salarié — statut social de l'indépendant (EI au réel, gérant d'EURL).
TVATaxe sur la Valeur Ajoutée — non facturée en franchise en base, attention au seuil et aux clients étrangers.
DAC7Directive obligeant les plateformes (Malt, Fiverr…) à transmettre tes revenus au fisc (seuil 30 opérations ou 2 000 €).
URSSAFOrganisme qui recouvre les cotisations sociales.
SSI / CIPAVCaisses de protection sociale des indépendants — la CIPAV concerne certaines professions libérales.
EURL / SASUSociétés unipersonnelles — voir le comparatif des régimes plus haut.
ACREAide à la Création/Reprise d'Entreprise — exonération partielle de cotisations la 1ʳᵉ année.

9. Sources légales officielles