Accueil › Blog › EI, EURL ou SASU ?
EI, EURL ou SASU : quelle structure pour jouer au poker ?
Tu es imposable, et tu as compris que le micro-BNC est un piège au Spin.
Restent trois vraies options. Bonne nouvelle : à des niveaux de gain courants, l'écart de net entre elles est faible — ce qui doit te guider, c'est autre chose. Mis à jour Juin 2026.
Le point de départ : le micro est hors course
Si tu arrives ici, tu sais déjà pourquoi : en micro, tes cotisations frappent ton CA brut et tes charges ne se déduisent pas → ruineux au Spin. Le détail est dans Micro-BNC, le piège du brut.
Il te reste trois structures, qui partagent toutes le même principe : tu es imposé sur ton bénéfice net réel et tu déduis tes charges. Elles diffèrent surtout sur le statut social et la responsabilité.
EI au réel — la voie d'entrée
L'entreprise individuelle (EI) au régime réel, c'est la déclaration contrôlée du BNC. Pas de société à créer : tu déclares en ton nom.
- Fiscalité : ton bénéfice est imposé au barème de l'impôt sur le revenu.
- Social : tu es travailleur non salarié (TNS), affilié à la Sécurité sociale des indépendants. Cotisations ≈ 43–45 % du bénéfice net, déductibles.
- Responsabilité : ton patrimoine personnel est en principe protégé depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel (séparation patrimoine pro/perso).
- Pour qui : la grande majorité des grindeurs qui se lancent. Simple, peu coûteux, suffisant.
C'est la structure recommandée pour démarrer.
EURL — passer en société
L'EURL est une SARL à associé unique : une vraie société, avec un capital et des statuts.
- Fiscalité : à l'IR par défaut, ou sur option à l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà).
- Social : le gérant est TNS (~43 % comme en EI).
- Atout : la responsabilité est limitée aux apports, et l'option IS permet de piloter ce que tu te verses (rémunération vs dividendes).
- Pour qui : activité installée, qui veut le cadre d'une société sans le coût social d'une SASU.
SASU — la protection sociale maximale
La SASU est une SAS à associé unique. Le président est assimilé salarié.
- Fiscalité : à l'IS (mêmes taux 15/25 %).
- Social : charges élevées (~70–80 % du net versé en salaire), mais en échange d'une meilleure protection (retraite, maladie proche du salariat).
- Dividendes : soumis à la flat tax de 30 %, sans cotisations sociales — d'où l'intérêt de l'arbitrage salaire/dividendes.
- Pour qui : gros volume installé, besoin de protection sociale, ou projet de te verser surtout des dividendes.
Les chiffres, côte à côte
Cas type : CA 100 000 €, charges 65 000 €, soit 35 000 € de bénéfice réel, poker seul revenu, et pour les structures à l'IS une répartition 50 % rémunération / 50 % dividendes. Calculé avec le moteur du simulateur.
| Structure | Net en poche | Taux de prélèvement |
|---|---|---|
| Auto-entreprise (micro) | −3 504 € | 110 % — à éviter |
| EI / EURL à l'IR (réel) | 19 031 € | 45,6 % |
| EI ou EURL à l'IS | 20 179 € | 42,3 % |
| SASU à l'IS | 19 819 € | 43,4 % |
Regarde l'essentiel : entre les trois structures « réelles », l'écart de net est de l'ordre de 1 000 € sur 35 000 € de bénéfice. C'est marginal.
Ne choisis pas ta structure pour grappiller 1 000 € de net. À ces niveaux, la différence fiscale est faible — ce sont la simplicité, la protection sociale et la responsabilité qui doivent trancher.
Ce qui doit vraiment décider
- Simplicité et coût : l'EI au réel est la plus légère (pas de société, compta simple). EURL/SASU ajoutent statuts, capital, formalisme et frais.
- Protection sociale : faible en TNS (EI, EURL), meilleure en assimilé salarié (SASU) — mais tu la paies cher.
- Responsabilité : limitée aux apports en EURL/SASU ; protégée aussi en EI depuis la réforme du statut.
- Pilotage rému/dividendes : possible seulement à l'IS (EURL ou SASU).
En pratique
- Commence simple : pour la plupart des grindeurs, l'EI au réel est le bon point de départ.
- Structure-toi quand l'activité grossit : bénéfice élevé et stable, besoin de protection ou d'optimiser rému/dividendes → là, l'EURL ou la SASU à l'IS prennent du sens.
- Fais trancher par un expert-comptable : le bon arbitrage dépend de tes chiffres réels, de tes autres revenus et de tes objectifs. L'erreur de structure coûte cher.
Comparer les structures sur mes chiffres → Ouvrir le simulateur →
Pour aller plus loin
- Combien ça coûte vraiment ? → Combien d'impôts vais-je payer ?
- Que peux-tu déduire ? → Quelles charges déduire en Spin ?
- La vue d'ensemble → Faut-il déclarer ses gains de Spin & Go ?